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Gabarit BIM Actualités Gestion de patrimoine et BIM ? L'état de l'Art

Vincent Bleyenheuft est architecte à Pontcharra (Isère), gérant d’un bureau d’études pluridisciplinaire employant sept personnes et consultant BIM et Revit. Il utilise au quotidien la maquette numérique et considère que cette méthode de travail est particulièrement adaptée aux projets de logements coopératifs.

Expertise : De quelle façon la maquette numérique est-elle utilisée dans votre structure ?
Vincent Bleyenheuft : Je ne me pose plus la question, c’est devenu tellement naturel et évident ! Je travaille à 100 % avec le BIM depuis maintenant huit ans. La particularité de mon cabinet est qu’il intègre un bureau d’étude fluides, thermique et économie de construction, ce qui nous rend autonome sur la quasi-totalité des études de conception. Les seuls intervenants extérieurs à qui nous faisons appel pour nos projets de logements, de résidences ou d’EHPAD sont des bureaux d’études structures. En interne, nous utilisons un BIM de niveau III, en travail collaboratif sur maquette unique. Nous avons une charte BIM bien rodée et des bibliothèques d’objets personnalisés très bien fournies. Je les crée moi-même car les objets qu’on peut télécharger ou issus des fabricants, bien que très précis, ne contiennent ni les informations souhaitées ni les comportements pertinents pour l’usage spécifique que nous en faisons. En revanche, je ne suis pas encore parvenu, et ce n’est pas faute d’avoir essayé, à avoir une expérience en travail collaboratif avec des intervenants extérieurs. Autour de moi, aucun bureau d’études structures ne met en œuvre le BIM. Ils savent qu’ils devront y passer tôt ou tard mais pour le moment ils n’ont pas franchi le pas.

Expertise : Comment expliquez-vous ces résistances ?
V. B. : Il ne s’agit pas d’un problème technique, ce sont plutôt des craintes irrationnelles qui font jour, ainsi que des questions d’ordre décisionnel. Ce n’est pas non plus un frein lié à la taille des structures car je considère qu’il est plus facile de passer au BIM quand on est dans une TPE ou une PME que dans une grande entreprise. Elles ont en effet plus de capacités à être convaincues et à le mettre en œuvre rapidement.
Pour exemple : j’accompagne un cabinet d’architecture de 150 personnes depuis deux ans. Leur migration n’est pas encore terminée. Il faut noter aussi que le BIM modifie les relations entre les dirigeants et les employés qui auront à l’utiliser. Quand on investit en termes de formation et de méthodologie sur un salarié, on lui demande une certaine implication, alors ce n’est pas pour s’en séparer un an après !

Expertise : Vous avez mis en œuvre la maquette numérique dans la conception de logements coopératifs. Quels sont les apports de cette méthode de travail sur ce type de projet ?
V. B. : Ce type d’habitat est une tendance assez récente : plusieurs particuliers se regroupent autour d’un projet de vie commun et lancent ensemble la construction d’une résidence. Dans ce cas précis, il s’agit d’un immeuble collectif de huit logements autonomes mais partageant des espaces communs, comme des chambres d’amis, une cuisine partagée et des espaces extérieurs. Il faut donc trouver un juste équilibre entre les parties privatives et les parties collectives afin de livrer un bâtiment cohérent, avec une vraie identité architecturale. La difficulté est que l’on se trouve face à huit maîtres d’ouvrage avec des exigences propres, voire 16 car il s’agit de couples ! On parle alors de co-conception : le maître d’ouvrage intervient et prend possession de son projet. Dans ce cadre, la maquette numérique est particulièrement utile pour pouvoir communiquer rapidement les intentions architecturales. Elle apporte également une souplesse et une transparence qui facilitent les échanges et les allers-retours lors de la conception.
Des contraintes techniques se sont rajoutées : comme il s’agit d’un bâtiment « passif » en termes de consommations énergétiques, il a fallu prendre en compte l’installation de poêles à bois, ainsi que de chauffe-eau thermodynamiques et de la ventilation double flux. Ces équipements techniques mettent en œuvre des conduits et des gaines de tailles importantes qu’il a fallu intégrer dans des logements à la surface réduite, en raison des espaces partagés. Nous avons dû créer des objets spécifiques car ces équipements n’existaient pas en bibliothèques standard chez Revit. Je peux affirmer que dans un processus « normal », sans BIM, toutes ces contraintes auraient tout simplement été impossibles à gérer !

 

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